> > > Expression des élus

Expression des élus

Les textes publiés dans cette rubrique le sont sous l'entière responsabilité de leurs auteurs.

Groupe majoritaire

Chambéry magazine n°137 : printemps 2019

Les agitateurs de tous bords ont la mémoire courte…. Aussi est-il parfois bon de la leur rafraîchir.

Choisir de focaliser l’attention de la population réceptive sur un sujet alors que l’on a soi-même travaillé dans le sens que l’on dénonce est pour le moins surprenant, voire schizophrénique.

Choisir de dénoncer une position que l’on a soi-même tenue par le passé relève de la démagogie voire de la manipulation.

Que penser ainsi de décisions prises par l’ancienne majorité d’abattre les arbres de la Place de Genève, d’abattre les arbres de la Place du Palais de Justice, de supprimer des potagers de l’Avenue d’Aix les Bains, de faire disparaître les arbres et toute la végétation de l’Avenue d’Annecy, de prévoir un abattage de 150 arbres dans le cadre de leur projet de l’axe de la Leysse, de rayer de la carte 80 arbres du Quai Charles Roissard pour installer leur pôle d’échange unique des bus, ou encore d’abattre les 4 arbres de la Place du 8 Mai pour rendre visible une façade ?

Le développement de la biodiversité est un engagement fort pris par notre municipalité, et la présentation du dernier rapport développement durable lors du conseil municipal du 1er mars dernier l’a une fois encore démontré. Une liste à la Prévert s’impose afin de permettre à tout à chacun de se faire une opinion à partir d’un maximum d’éléments concrets, vérifiables factuels, et non pas à partir d’un tri sélectif et orienté. La Ville de Chambéry s’est ainsi engagée depuis 2014 sur :

  • l’enherbement des allées du cimetière de Charrière neuve et la plantation d’arbres dans l’allée centrale
  • l’arrêt de l’ usage des produits phytosanitaires
  • la journée de l’abeille, et une opération porte-ouverte des ruchers municipaux
  • l’éco-pâturage sur 5 sites
  • l’installation sur l’ensemble des postes informatiques de la Ville du moteur de recherches internet Ecosia qui reverse 80% de ses bénéfices pour replanter des arbres
  • les produits biologiques et locaux dans les cantines, la lutte contre le gaspillage alimentaire et le repas sans viande
  • la zone de circulation restreinte pour favoriser la lutte contre les pics de pollution de l’air, et les tickets de bus à 1€ lors des épisodes de pollution
  • l’amélioration du réseau de bus et le développement du vélo-bulle (+23% de fréquentation pour ce dernier)
  • l’amélioration des conditions de circulation des vélos : +11%, avec le compteur vélos devant le Palais de Justice
  • le développement des arceaux à vélo
  • le développement des nouvelles technologies
  • une flotte de véhicules électriques et le déploiement de bornes de rechargement
  • l’usage du vélo par les agents de la Ville, dont le modèle à hydrogène
  • la fourniture d’électricité 100% verte pour 12 sites de la Ville
  • la création d’un éco-quartier au Nord des Combes
  • le compostage collectif et les actions de nettoyages avec la population à Chambéry le Vieux
  • l’installation d’hôtels à insectes
  • le développement et la valorisation du Parcours nature
  • le développement des vergers publics
  • la rénovation du Rucher école
  • le quartier Vetrotex : apaisement des circulations, création du parc de Blainville : 10.000m² de parc avec plus de 100 arbres plantés, 20.000m² d’espaces verts
  • le parvis de la gare végétalisé sur ¼ de sa surface, avec une hausse du nombre d’arbres
  • le Boulevard de la Colonne : 25% de sa surface végétalisée, 1500m² de bitume enlevé
  • le quartier de la Cassine : des parcs, des jardins, des espaces verts, des lieux de promenades, zone humide aménagée…

Etre élu nécessite de la hauteur de vue, mais aussi un sens des responsabilités. Participer à l’administration d’une ville réclame un discours de vérité et de l’humilité. Il nous faut admettre qu’une ville, comme un arbre, vit et se renouvelle. Pour permettre ce renouvellement de la ville sur la ville, nous privilégions la qualité de ses aménagements. Et cette qualité nécessite parfois l’abattage d’arbres, qui sont in fine remplacés par d’autres, avec une diversité des essences étudiées et un choix d’implantation éclairé.

M. Dantin, J. Beaud, B. Perrotton, S. Koska, A. Chassot, F. Bovier-Lapierre, P. Perez, M. Jeandet, P. Bard, A. Turnar, W. Sartori, JC. Davoine, N. Colin-Cocchi, B. Leger, D. Julien, P. Roulet, X. Dullin, D. Bourida, M. Hamadi, C. Dioux, D. Saint-Pierre, MJ. Dussauge, D. Mornand, AM. Bincaz, C. Papegay, C. Legiot, S. Nicolosi, P. Artigues, R. Caffaratti, I. Rousseau, MC. Martin, P. Bretagnolle, L. Vachez, D. Varon, E. Borson.

Groupe minoritaire

Le Maire de Chambéry se représentera, l’an prochain, aux Municipales, puisqu’il ne figurera pas sur la liste des Européennes en position éligible, la loi n’autorisant plus le cumul des mandats. « La loi est dure mais c’est la loi » pour ce régulier défenseur du cumul des mandats.

Beaucoup de Chambériennes et de Chambériens nous ont fait part de leur surprise - pour ne pas dire plus - à la réception, en janvier, d’une lettre du Maire, envoyée aux 33 000 électeurs, pour se justifier et faire part de ses états d’âme en faisant campagne aux frais de la ville. Il n’a, malheureusement, pas souhaité répondre à nos questions sur le coût de cette opération de communication.

C’est révélateur de la méthode à l’œuvre depuis 5 ans : cette Majorité - en campagne électorale permanente - masque la nature réelle de ces choix et ne tient compte ni des habitants ni même des décisions de justice. Et, dans cette lettre, nulle trace d’un projet pour notre ville, nulle trace d’une vision d’avenir…

Deux illustrations :

  • Les condamnations de notre communauté d’agglomération par le Tribunal administratif de Grenoble en janvier 2019 : à en croire certains élus de la Majorité municipale, président ou vice-président(e)s de « Grand Chambéry », c’est un « non-événement ». Une telle appréciation des décisions de justice laisse songeur. Aujourd’hui, pourtant, les grandes difficultés de circulation dans notre ville et les dégradations du service issues du nouveau réseau de bus sont bien le fait de la précipitation, du passage en force, de l’improvisation et du non-respect des règles de concertation dont ont fait preuve, ici, les élus chambériens. Pour la Majorité, ce sont manifestement les habitants qui ne comprennent pas ou qui sont rétifs aux changements imposés !
  • La politique en direction de l’attractivité de notre hypercentre, notamment sur le plan commercial. Des paroles, des promesses… et des actes qui vont à l’encontre du subtil et indispensable équilibre entre le centre-ville et la périphérie : affirmer que l’on veut dynamiser le centre-ville ne résiste pas au constat que les actes s’éloignent des paroles quand on laisse s’agrandir les centres commerciaux à l’extérieur du centre-ville, quand la rue Juiverie se vide de nombreux commerces sans solutions anticipées et sérieuses de remplacement, quand on complique l’accès au centre en supprimant le centre unique d’échange des bus - vidant ainsi le boulevard de la Colonne sans projet alternatif solide et dynamisant. Nos élus ont-ils une réponse ? Oui, c’est la faute du e-commerce…

La liste pourrait s’allonger à l’envi. Notre ville mérite mieux que ces tours de passepasse qui - en jouant sur les peurs et la dramatisation - en dégradent, d’ores et déjà, l’image et le potentiel.

Oui, Chambéry a des atouts exceptionnels : une position géographique privilégiée qu’il faut conforter et développer, un tissu associatif d’une ampleur reconnue, une vie citoyenne riche faite d’habitants qui ne demandent qu’à participer activement, un patrimoine urbain et architectural qu’il faut savoir préserver et utiliser comme levier d’attractivité, une vie culturelle et sportive indéniablement dynamique et des services à la population qui en ont toujours fait sa force et en sont une vraie ressource. Sans oublier l’enjeu majeur du Lyon-Turin dont l’indispensable passage des voyageurs en gare de Chambéry sera un levier de rayonnement et d’attractivité essentiel.

C’est là le sens de notre engagement : porter, certes, la contradiction démocratique là où nous le jugeons bon dans l’intérêt de notre ville et de ses habitants - avec détermination, humilité et conscience que le travail des élus ne doit jamais être déconnecté des citoyens - puis proposer des alternatives basées sur nos convictions profondes et une méthode d’implication toujours plus grande des citoyens qui, plus que jamais, veulent être acteurs de leur vie et de leur ville.

C’est le temps qui s’ouvre aujourd’hui et, in fine, ce sont les habitants qui jugeront.

B. Laclais, JP. Ruffier, F. Marchand, H. Dupassieux, JB. Cerino, C. Levrot-Virot, G. Fajeau, A. Caprioglio-Hisler, A. Caraco, C. Mourier.