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Expression des élus

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Groupe majoritaire

Chambéry magazine n°135 : automne 2018

On vous avait promis un été show, vous avez eu un été chaud !

D’abord par ses températures : nous avons connu 8 jours d’alerte canicule. Ces températures ont mobilisé tout l’été notre centre communal d’action sociale (CCAS) et nous tenons à remercier l’ensemble de ses agents qui ont veillé à la santé de nos plus fragiles durant cette période. Ils ont participé avec dynamisme à la campagne de sensibilisation en rappelant régulièrement les bons réflexes à adopter et ils ont également été aux côtés des personnes recensées et des résidents des établissements pour personnes âgées gérés par le CCAS. Grâce à l’implication et au professionnalisme sans faille de nos agents, la continuité du service a ainsi pu être assurée dans un contexte national particulièrement difficile. En outre, la solidarité institutionnelle a joué à plein puisque du personnel des résidences autonomie, des soins à domicile, mais aussi des responsables de services, infirmières de métier, sont venus en soutien.

Mais, il s’agit de montages complexes qui n’offrent qu’une réponse ponctuelle. En effet, nous n’avons de cesse d’alerter l’Etat sur la situation des EPHAD en France. Le manque de main d’œuvre est criant : à Chambéry nous n’arrivons pas à recruter pour répondre aux besoins et nous ne trouvons pas de personnes formées pour pourvoir nos postes. Nous continuerons d’interpeller l’Etat sur la nécessité de former davantage de professionnels, de revaloriser leurs statuts pour que notre société soit en mesure d’accompagner des seniors qui seront toujours plus nombreux.

Autre sujet d’inquiétude, ces températures sont le reflet d’évolutions probablement liées au réchauffement climatique et nous appellent à poursuivre nos actions en faveur de la préservation de notre planète. Outre le plan canicule, nous avons en effet également activé notre plan qualité de l’air à l’occasion d’un pic de pollution à l’ozone. Il nous importe peu de savoir qui occupera le poste de Ministre, le constat du Ministre Hulot démissionnaire est le bon : l’écologie est notre affaire à tous. C’est pourquoi, au-delà des polémiques politiciennes, nous nous battons entre autre pour la réintroduction de la biodiversité en ville. A Chambéry, un arbre cache bien trop souvent la forêt entière !

Pourtant, jamais à Chambéry l’écologie n’a été aussi concrète :

  • Renaturation des cours d’eau,
  • Augmentation du nombre de jardins familiaux,
  • Création de vergers publics,
  • Végétalisation des espaces publics :
    • square Franchet d’Espèrey,
    • aménagement d’une coulée verte au Covet
    • boulevard de la colonne : près de 1 000 m2 végétalisés créés,
    • parvis de la gare : 700m2 de surface végétalisée créée, 15 arbres abattus, 28 arbres plantés…
  • Approvisionnement croissant en produits locaux et bio dans les cantines et introduction d’aliments alternatifs à la protéine animale,
  • Soutien aux associations impliquées dans la préservation de l’environnement et la consommation écoresponsable (Mountain Riders, Eko-Syst’M….)
  • Développement du zéro déchet et du compostage en ville,
  • Investissement dans des véhicules électriques et déploiement de prises de recharges électrique ou hydrogène,
  • Création d’itinéraires cyclables et sécurisation de l’existant,
  • Développement du covoiturage,
  • Augmentation de la fréquence des bus et de leur fréquentation,
  • Poursuite de l’engagement Zéro pesticide et application dans les cimetières de la ville,
  • Prêt de broyeurs pour les particuliers pour favoriser la réduction des déchets et leur compostage,
  • Contrôle de l’interdiction de brûlage des déchets verts,
  • Mise en place d’un plan qualité de l’air avec l’introduction d’un tarif qualité de l’air permettant de circuler en bus ou à vélo pour 1€ par jour en cas d’épisode de pollution, couplé à une zone de circulation restreinte et à un abaissement de la vitesse de circulation
  • Incitation et aide à la rénovation énergétique,
  • Création d’un parcours nature pour sensibiliser et prendre conscience que ville et nature ne sont pas antinomiques,
  • Remplacement de la technologie d’éclairage public réduisant de 30% sa consommation
  • Achat groupé d’énergie verte permettant en outre de réduire le coût pour les consommateurs,
  • Dématérialisation des documents municipaux,
  • Participation des élus et des agents de la collectivité aux challenges mobilité,
  • Lutte contre les dépôts d’ordures sauvages et hors conteneurs par la verbalisation des auteurs identifiés.

Pour autant, tout cela ne suffira pas si chacun n’agit pas à son niveau qu’il soit local, national ou international et si nous préférons voir un arbre à la forêt !

M. Dantin, J. Beaud, B. Perrotton, S. Koska, A. Chassot, F. Bovier-Lapierre, P. Perez, M. Jeandet, P. Bard, A. Turnar, W. Sartori, JC. Davoine, N. Colin-Cocchi, B. Leger, D. Julien, P. Roulet, X. Dullin, D. Bourida, M. Hamadi, C. Dioux, D. Saint-Pierre, MJ. Dussauge, D. Mornand, AM. Bincaz, C. Papegay, C. Legiot, S. Nicolosi, P. Artigues, R. Caffaratti, I. Rousseau, MC. Martin, P. Bretagnolle, L. Vachez, D. Varon, E. Borson.

Groupe minoritaire

Et l'été fut chaud...

Chambéry magazine n°135 : automne 2018

Chacun aura constaté la chaleur accablante qui fut le quotidien de tous, dans notre ville, cet été. Nombreux sont les spécialistes qui nous prédisent une augmentation de la fréquence de ces fortes chaleurs dues aux dérèglements climatiques. Cette réalité n’est plus contestable et doit interroger chaque citoyen.

A notre échelle, il est indispensable de mener des politiques adaptées et innovantes. Ainsi faut-il s’interroger sur les conséquences environnementales de chaque projet et sur les actions à mettre en œuvre pour garantir des espaces de fraîcheur et de respiration, apaisants pour les habitants. Face aux canicules répétées à venir, il nous faut repenser la présence de la nature en ville et créer des lieux où s’extraire de la chaleur étouffante des logements.

C’est pour cela que nous nous sommes mobilisés, avec les habitants, contre l’abattage prévu des arbres du boulevard de la Colonne, des tilleuls de la cour de l’école Joppet et pour le maintien du « parc public » de la montée de Bellevue, véritable coulée verte à quelques pas de l’hypercentre. C’est également pour cela que nous nous sommes mobilisés contre l’abattage des arbres de la place de la gare, du palais de Justice et de la place Demangeat.

Penser la ville, ce n’est pas seulement bâtir et goudronner, c’est aussi intégrer la dimension d’un environnement qualitatif. L’équation n’est pas simple, nous le savons tous mais, une politique urbaine qui viserait à repérer tous les espaces encore constructibles pour les « remplir » au meilleur coût et à la plus forte densité, sans autres motivations, serait désastreuse à long terme, même si attrayante, à très court terme, pour les élus de passage.

« Pourquoi détruire ce qui est beau et agréable pour tous, alors que bien des secteurs mériteraient d’être améliorés ? » nous a témoigné un habitant de la colline de Bellevue, stupéfait par le projet de remplacer de magnifiques et utiles espaces verts par des immeubles...Si nous connaissons les besoins de logements, nous contestons les choix de localisation faits au détriment de la qualité urbaine : il faut sacraliser des espaces de respiration.

Alors que partout en France des municipalités innovent, repensent les espaces publics, cherchent les moyens de trouver un équilibre entre les besoins de constructions et le bien-être des habitants, nous constatons que nos édiles n’ont ni cette approche ni ces priorités. Pensons à ces villes qui végétalisent les cours d’école, qui décroûtent le bitume là où il n’est plus indispensable, qui organisent le stationnement en sous-sol des surfaces à urbaniser, et qui, bien sûr, ne s’arrêtent pas à la question de la préservation des espaces verts pour améliorer le cadre et les conditions de vie des habitants : que ce soit par des politiques de transports publics innovantes, un accompagnement des résidents âgés et une valorisation de la présence des cours d’eau dans la ville.

Il faut changer d’approche et les municipalités ont un rôle important à jouer. Accompagner les initiatives citoyennes agissant pour le bien-être social et environnemental et faire des choix clairs pour préserver et augmenter la présence de la nature en ville sont les gages d’une attractivité démultipliée, d’un dynamisme nouveau et d’une image positive pour notre ville, aujourd’hui et demain.

Demain a aussi commencé hier, n’en déplaise !

Alors que le stand de la ville et de l’agglomération de la foire de Savoie affirrme que « Demain commence aujourd’hui », il est utile de rappeler que les principaux projets présentés ne datent pas d’aujourd’hui.

Quelques exemples :

  • Le projet du pôle multimodal de la gare, moqué par ceux qui s’en prévalent aujourd’hui, fut présenté dès 2001 à la foire. Il a fallu, comme souvent, deux mandats pour le faire avancer malgré le faux bond de la SNCF en 2013.
  • Les maitrises foncières de « l’éco-quartier de Vetrotex » (concours engagé en 2013), de la « Cassine » et de « Rubanox » ont nécessité plusieurs mandats : c’est la réalité des grands projets.
  • Le projet du centre nautique du Stade a également débuté avant 2014 et a pris un à deux ans de retard suite à l’opposition de certains élus de l’actuelle majorité qui souhaitaient le réaliser à La Motte-Servolex.
  • La modernisation du réseau de transport a été engagée en 2010 (augmentation de 30 % de la fréquentation entre 2010 et 2013, mais seulement de 3,1 % de 2014 à 2017 avec un nouveau réseau pénalisant pour les usagers) et la démarche de transition énergétique date de 2004 (Agenda 21).

De fait, en matière de développement urbain, les grands projets se préparent sur plusieurs mandats et la plupart de ceux que nous voyons aujourd’hui ont été largement préparés et engagés en amont. Pourtant, certains osaient affirmer dans un récente tribune de l’agglo que rien n’avait été fait avant eux, pendant 25 ans... Heureusement que les équipes d’hier ont largement contribué à préparer demain.

B. Laclais, JP. Ruffier, F. Marchand, H. Dupassieux, JB. Cerino, C. Levrot-Virot, G. Fajeau, A. Caprioglio-Hisler, A. Caraco, C. Mourier.