La biodiversité, c'est quoi ?
La biodiversité est le vivant sous toutes ses formes : les espèces, leurs milieux de vie et les liens qui les unissent. Essentielle à notre quotidien, elle rend la Terre habitable, elle nous offre la nourriture et les matériaux dont nous avons besoin, purifie l’eau et l’air, enrichit les sols, régule le climat. Elle participe aussi à limiter certaines maladies et nous émerveille par sa richesse. Préserver la biodiversité, c’est protéger notre santé, notre cadre de vie et l’avenir des générations futures.
L’Atlas de la Biodiversité Communale : des milieux passés à la loupe
Située entre plusieurs massifs alpins et traversée de cours d’eau, Chambéry abrite une biodiversité riche mais fragile. Certaines espèces sont présentes jusque dans le centre-ville, trouvant refuge dans les haies et parcs boisés, nichant sur les bâtiments ou circulant le long de la Leysse.
Pour mieux les protéger, il est essentiel de bien les connaître. Dans cette démarche, la Ville de Chambéry a réalisé un Atlas de la Biodiversité Communale (ABC), un programme d’inventaires de la faune et de la flore. Menés dans différents milieux, ces inventaires ont permis d’identifier les espaces remarquables, les espèces présentes et leurs besoins.
Les études ont été menées par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et le Conservatoire botanique national alpin (CBNA), avec le soutien du Département de la Savoie.
Quelques curiosités à observer à Chambéry
Quand le castor montre le chemin…
Des traces de castor, venus du lac du Bourget ont été observées le long de l’Albanne dans le Parc de Buisson Rond. Cette présence est un signal fort : elle montre que certaines espèces parviennent encore à circuler à travers la ville, malgré l’urbanisation et la couverture de la Leysse en centre-ville. En suivant les cours d’eau et en s’appuyant sur des espaces de tranquillité comme les parcs urbains, la faune peut ainsi trouver des passages lui permettant d’accéder à de nouveaux territoires.
La tufière, une source pétrifiante au parc de la Calamine
La tufière se forme au contact des eaux émergentes de la fontaine Saint-Martin. Cet habitat rare prodigue des bienfaits à l’ensemble de la forêt. Ici, l’eau dépose de fines concrétions appelées tufs, sur lesquelles se développent de beaux coussins de mousses. Cet ensemble, nommé tufière, offre des habitats précieux à de nombreuses espèces. Les tufières sont des habitats rares et vulnérables qui subissent de fortes pressions liées aux activités humaines (pollution de l’eau, assèchement du milieu…). La végétation et la faune du parc dépendent directement de ce milieu fragile.
Merci de ne pas piétiner la tufière et de ne laisser aucun déchet afin de préserver cet écosystème exceptionnel.
Le saviez-vous ?
La Salamandre tachetée trouve dans les boisements ombragés et humides un habitat idéal. Discrète, elle se cache souvent sous les pierres, feuilles ou troncs en décomposition. Elle dépose ses larves aquatiques dans une flaque ou une vasque rocheuse en bordure des ruisseaux.
La salamandre tachetée est une espèce protégée, tout comme l’ensemble des amphibiens (grenouille, alyte accoucheur…). Pour les protéger, attention à ne pas piétiner les abords des cours d’eau.

Les premières fleurs en sous-bois, une ressource pour les pollinisateurs
Dans les parcs boisés de Chambéry, les plantes vernales assurent les toutes premières floraisons en sous-bois au début du printemps, souvent même avant le développement des feuilles sur les arbres. Profitant de la lumière encore abondante au sol, elles sont les premières à débuter leur cycle. Ces floraisons précoces (ail des ours, petite pervenche, lierre terrestre) sont vitales pour les insectes : à une période où la nourriture est rare, elles leur offrent les premiers nectars et pollens de l’année. En retour, ces insectes pollinisateurs assurent la reproduction de ces plantes, participant ainsi au réveil printanier de la forêt.
Le saviez-vous ?
Plus de 100 espèces végétales différentes ont été identifiées sur la prairie de Buisson Rond ! En partenariat avec des agriculteurs locaux, elle est fauchée une fois par an au mois de juin. Certaines zones sont laissées en herbes hautes tout au long de l’été, en faveur de l’activité des insectes et coléoptères. Une vingtaine d’espèces de papillons y ont été recensées.
Les grands parcs chambériens, des refuges précieux pour la faune et la flore
Les grands parcs de Chambéry (Buisson rond, l’Étincelle, Les Monts, etc.) réunissent sur un même site des haies champêtres, de petits boisements ainsi que de grandes prairies de fauche. Ces milieux variés, gérés de manière respectueuse et différenciée, offrent à la fois des paysages changeants au fil des saisons et un refuge précieux pour la biodiversité. Ils contribuent au maintien d’une continuité écologique entre les massifs des Bauges et de la Chartreuse. De nombreuses espèces de mammifères (renards, chevreuils, blaireaux, hérissons…) et d’oiseaux y ont été observées.
Le saviez-vous ?
Plus de 100 espèces végétales différentes ont été identifiées sur la prairie de Buisson Rond ! En partenariat avec des agriculteurs locaux, elle est fauchée une fois par an au mois de juin. Certaines zones sont laissées en herbes hautes tout au long de l’été, en faveur de l’activité des insectes et coléoptères. Une vingtaine d’espèces de papillons y ont été recensées.
Exemples d'espèces sauvages présentes à Chambéry
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La Ville s’engage en faveur de la biodiversité
Consciente de la richesse et de la fragilité de son patrimoine naturel, la Ville a renforcé son engagement en faveur du vivant à Chambéry, en adoptant une stratégie en faveur de la biodiversité lors du Conseil municipal du 15 décembre 2025. Cette démarche s’inscrit pleinement dans les engagements de la municipalité en matière de transition écologique, de résilience climatique et de qualité du cadre de vie.
Construite à partir des enseignements de l’Atlas de la biodiversité communale, cette stratégie fixe un cap à l’horizon 2030 et formalise la volonté politique de lutter contre l’érosion de la biodiversité :
- en réduisant les principales sources de pressions sur les écosystèmes : il s’agit par exemple de limiter l’étalement urbain, de réduire les différentes formes de pollutions (pollution lumineuse, déchets plastiques, mégots…), de gérer des espèces exotiques envahissantes présentes sur le territoire (en particulier le frelon asiatique) ;
- en préservant et restaurant les milieux naturels, en particulier en constituant des zones refuges pour la biodiversité (par la conservation des arbres remarquables sénescents par exemple) et en renforçant les "continuités écologiques" ;
- en renforçant la connaissance et l’appropriation de la biodiversité du territoire, pour retisser un lien avec le vivant et mobiliser durablement l’ensemble des publics (enfants, adultes, partenaires…) sur ces questions.
Pour consulter la stratégie biodiversité et son programme d’actions :
Entre ville et montagnes : permettre à la vie de circuler
Les continuités écologiques désignent les connexions entre les milieux naturels. Elles permettent aux animaux et aux plantes de se déplacer sur le territoire, de s’y reproduire et de trouver les ressources dont ils ont besoin pour vivre. Chambéry est entourée de grands espaces naturels : à l’est, le Massif des Bauges (1), à l’ouest la Chartreuse (2), et au nord le lac du Bourget et ses zones humides, un site naturel d’importance internationale (Ramsar) (3). Ces espaces constituent de grands réservoirs de biodiversité.
La zone urbaine de Chambéry, fortement minéralisée et sillonnée d’axes routiers, constitue un obstacle à la circulation des espèces vivantes entre ces grands ensembles naturels. Pour favoriser leurs déplacements, les corridors écologiques doivent être renforcés.
Renforcer les réseaux de chemins végétaux et aquatiques du territoire
La Leysse, l’Albanne et l’Hyères jouent déjà un rôle essentiel. Véritables “routes naturelles”, ces cours d’eau permettent à de nombreuses espèces (poissons, amphibiens, oiseaux, insectes ou encore castors) de circuler et de se reproduire.

Les espaces verts à Chambéry tissent d’autres chemins, les passereaux (mésanges, rouges-gorges…) peuvent utiliser la canopée des arbres en centre-ville, quand les renards ou les chevreuils préfèrent sortir la nuit, dans le calme des parcs de la Calamine ou de Buisson rond.
Ces trames existantes constituent une richesse que la Ville de Chambéry souhaite protéger et consolider pour mieux relier la ville aux espaces naturels qui l’entourent :
- Chaque année, les nouvelles plantations d’arbres et de haies champêtres permettent à ces "réseaux naturels" de se développer. En 2025, le service Espaces verts de la Ville a planté 290 arbres et 157 scions (un scion est un jeune rameau ou une tige d'arbre). Certains de ces chantiers sont participatifs et menés avec l’aide de volontaires chambériens.
- La désimperméabilisation et la végétalisation redonnent une place à la biodiversité, y compris en centre-ville.
Préserver la nuit pour protéger la biodiversité

La nuit joue un rôle essentiel pour la faune, la flore, et notre santé. Bonne nouvelle ! Ces perturbations s’arrêtent dès que la lumière s’éteint. Et lorsqu’un éclairage est nécessaire, il est possible d’en limiter l’impact. Plus la lumière est "chaude" (teinte orangée, faible température en Kelvin), moins elle contient de lumière bleue, la plus perturbante pour les espèces nocturnes et le sommeil humain. À l’inverse, les LED très blanches en émettent beaucoup.
Un éclairage adapté et plus respectueux de la santé de tous
À Chambéry, la Ville adapte progressivement l’éclairage public pour réduire ses effets négatifs. L'éclairage illumine uniquement ce qui est utile, avec des intensités et des couleurs plus douces. La Ville pratique aussi l’extinction de l’éclairage public entre minuit et 5h du matin, une mesure particulièrement bénéfique pour la biodiversité et la qualité de la nuit.
Au fil des renouvellements des lampadaires, la Ville utilise désormais des ampoules de 2 200 K pour les lampadaires situés sur voirie et 1 800 K sur les zones sensibles (les parcs, le long des cours d’eau). Elle expérimente des solutions innovantes pour limiter la diffusion de la lumière (pose de stop-flux sur les lampadaires). Les éclairages de mise en valeur des arbres, trop perturbants, ont été supprimés afin de préserver la faune nocturne.
Le saviez-vous ?
13 espèces de Chauves-souris ont été recensées à Chambéry dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Communale. Ce sont des espèces protégées. Les inventaires ont été réalisés à l’aide d’enregistreurs acoustiques, qui captent les ultrasons émis par les chauves pour se repérer dans l’espace.
Hirondelles, martinets, chauves-souris… de précieux voisins à protéger
Combles, greniers, toitures, débords de toits, fissures ou encore bardages en bois offrent gîte et abri à plusieurs espèces protégées, comme l’Hirondelle de fenêtre, le Martinet noir ou encore le Petit Rhinolophe (une espèce de chauve-souris). Ces espèces cohabitent avec les Chambériennes et Chambériens depuis le Moyen-âge ! Leur présence fait partie de notre paysage.
Une faune familière mais fragile
Chaque printemps, hirondelles et martinets reviennent animer notre ville. Leurs vols rapides et leurs chants font partie de notre paysage, et pourtant, ces oiseaux emblématiques sont aujourd’hui en danger.
Le martinet noir, tout comme l’hirondelle de fenêtre, est aujourd’hui en fort déclin à Chambéry comme dans toute l’Europe. La situation est préoccupante. Il y a aujourd’hui deux fois moins de martinets qu’il y a 20 ans.
La rénovation du bâti peut constituer un vrai problème vis-à-vis de ces espèces protégées. L’uniformisation des façades avec des surfaces lisses, sur lesquelles les hirondelles peinent à accrocher leur nid, la suppression de la végétation (lierre, plantes grimpantes) et la fermeture des anfractuosités éliminent de nombreux sites de repos, de reproduction et d’abri. La réfection des toitures impacte également les sites de nidification du martinet noir. Le bâti devient moins accueillant pour ces espèces qui en dépendent.
Vivre ensemble : un enjeu qui prend forme
À Chambéry, la cohabitation avec ces espèces prend des formes concrètes. En partenariat avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), des nichoirs pour le martinet noir ont été installés en 2024 sur différents bâtiments municipaux. Ces dispositifs discrets, constitués de plusieurs compartiments et disposés en hauteur et à l’abri du toit, permettent de reproduire une cavité artificielle dans laquelle l’espèce va trouver refuge.
Dans le cadre de la construction du stade, une nouvelle installation a vu le jour en 2026 : un mât de six mètres composé de huit nichoirs. Il est équipé d’un système de repasse, qui fonctionnera trois fois par jour (matin, midi et soir) jusqu’à fin juin. Cette technique consiste à diffuser des enregistrements des vocalisations de l’oiseau afin de l’attirer dans les nichoirs.
Le saviez-vous ?
Vous souhaitez rénover votre bâti tout en préservant les espèces sauvages qui y habitent ? Des solutions existent ! N’hésitez pas à solliciter la Ligue de Protection des Oiseaux pour bénéficier de conseils afin de rénover tout en préservant la biodiversité.
























