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Expression des élus

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Groupe majoritaire

Chambéry magazine n°133 : printemps 2018

Contes municipaux

Aux conteurs de malheurs, d’ogres et de méchants loups : nous préférons les maitres aux mauvais élèves devenus donneurs de leçons.

A défaut d’avoir vécu un moment important pour notre démocratie locale lors du dernier conseil municipal, au cours duquel le budget de la ville pour 2018 a notamment été voté, nous avons eu droit à une triste démonstration à l’exact opposé de l’exemple que nous souhaitons donner à nos enfants : tenir ses engagements et ne pas fuir ses responsabilités. Faute de ne pouvoir entendre ce qu’ils auraient souhaité entendre, les élus de la minorité ont une nouvelle fois boudé l’instance de débats qui fait vivre notre cité.

Puisque les préoccupations de la minorité municipale tendent à changer au gré des bruits de mégaphone, il semblerait qu’aujourd’hui celles-ci portent sur la jeunesse et l’éducation, oubliant qu’ils n’ont rien fait pour elle au cours de leur mandat passé.

Prenons donc ensemble le temps de détailler certains précieux conseils que nous aimerions leur adresser :

De courage tu ne manqueras point et la difficulté tu surmonteras. Il faut penser au Petit Poucet de Charles Perrault ou encore au vaillant petit tailleur des frères Grimm, qui, avec peu de moyens et sans recours aux emprunts toxiques, mais avec beaucoup de sang froid, parviennent à gravir tous les obstacles qui se posent à eux.

De te remettre en question tu n’auras pas peur. Si certains y verront une forme d’indécision ou encore le qualifieront d’« improvisation », sache que tes idées ne gagneront qu’en force à être confrontées. Comme Perrault le dit si bien dans « Peau d’Ane » :
« Il n’est pas malaisé de voir
Que le but de ce Conte est qu’un Enfant apprenne
Qu’il vaut mieux s’exposer à la plus rude
peine
Que de manquer à son devoir ;
Que la Vertu peut être infortunée
Mais qu’elle est toujours couronnée ; »

Humble tu resteras. Certains essayeront toujours coute que coute de se mettre en lumière et s’approprier les bénéfices d’une cause qu’ils n’auront pas portée : il faut donc prendre au mot les enseignements du célèbre conteur danois Hans Christian Andersen qui nous rappelle dans « Le rossignol et l’empereur de Chine » que nul ne peut s’inventer un talent qu’il n’a pas. Et Chambéry a vu 25 ans durant combien les harangueurs d’aujourd’hui en étaient dépourvus.

A la tentation de la fabulation tu ne céderas point. Il suffit de relire le conte des frères Grimm « Petite-table-sois-mise, l’Âne-à-l’or et Gourdin-sors-du-sac » pour se souvenir des conséquences désastreuses auxquelles celle-ci peut mener. La chèvre du tailleur, que les trois fils emmènent manger chaque jour, prend un malin plaisir à se plaindre à son retour auprès du père de n’avoir rien mangé. Ce dernier chasse alors ses fils mais se rend vite compte de l’injustice qu’il a commise. Et aux frères Grimm de conclure : « La chèvre, à l’origine de toute l’histoire, honteuse de son crâne chauve, s’est cachée dans le terrier d’un renard ». Alors laissons les fils travailler et n’écoutons point la chèvre.

 

M. Dantin, J. Beaud, B. Perrotton, S. Koska, A. Chassot, F. Bovier-Lapierre, P. Perez, M. Jeandet, P. Bard, A. Turnar, W. Sartori, JC. Davoine, N. Colin-Cocchi, B. Leger, D. Julien, P. Roulet, X. Dullin, D. Bourida, M. Hamadi, C. Dioux, D. Saint-Pierre, MJ. Dussauge, D. Mornand, AM. Bincaz, C. Papegay, C. Legiot, S. Nicolosi, P. Artigues, R. Caˆaratti, I. Rousseau, MC. Martin, P. Bretagnolle, L. Vachez, D. Varon, E. Borson.

Groupe minoritaire

Chambéry magazine n°133 : printemps 2018

Le Maire de Chambéry refuse un vrai dialogue

Le Maire de Chambéry a fait montre, une fois encore lors d’un Conseil municipal, d’un autoritarisme démesuré, confirmant ainsi son refus d’ouvrir un vrai dialogue avec les parents d’élèves, les enseignants et les agents de la ville dont il est le premier magistrat ; il a témoigné, par ailleurs, d’un mépris ostensible pour les organisations syndicales.

En choisissant, le lundi 26 mars 2018, de faire évacuer le public du Conseil municipal par la Police nationale pour la 2ème fois en un mois, il installe une habitude de défiance préoccupante et bien éloignée de ce que devrait être un dialogue responsable avec les habitants et les agents de la ville.

Choqués par cette attitude que nous jugeons irresponsable, nous avons décidé de ne pas être complices de telles méthodes et, donc, de ne pas siéger.

Nous rappelons que le dialogue social ne peut pas se faire seul, en imposant le cadre des discussions et en refusant toute négociation. « Tendre la corde » des relations sociales pour mieux dénoncer ensuite le manque de dialogue et passer en force est une méthode inacceptable.

Maire de tous les Chambériens, qu’ils lui soient favorables ou opposés, le rôle du premier magistrat de notre ville est d’écouter, dialoguer, pacifier, décider. Pas de mettre de l’huile sur le feu.

Après avoir longuement préparé les débats de ce Conseil municipal consacré au vote du budget et écouté nos arguments, nous espérions vivre un moment important pour la démocratie locale.

Les conditions de ce sain débat démocratique ont été rendues impossibles par l’entêtement déraisonnable du Maire. Nous le regrettons.

Monsieur le Maire a tort de plastronner et de mener une politique à « coups de trique », là où une concertation ouverte et respectueuse des différents partenaires permettrait de mobiliser les énergies et faire avancer notre ville.

L’image est désastreuse et ne grandit pas l’action de cette équipe municipale qui, de jours en jours, s’enferre dans ses erreurs et une auto-persuasion déplacée.

Car chacun le constate : le plan de circulation et le nouveau réseau de bus échouent à remplir le service que les citoyens contribuables sont en droit d’attendre ; la fréquentation du centre-ville s’étiole ; les commerçants s’inquiètent chaque jour davantage.

Tout a été improvisé et rien ne fonctionne vraiment malgré les annonces mirifiques des élus. « Ce qui compte ce sont les résultats que nous présenterons en fin de mandat » nous avait lancé Monsieur Dullin en conseil municipal. Avec seulement 2,4 % de progression de la fréquentation du réseau STAC entre 2013 et 2016, soit à peine l’effet de l’augmentation de la population, contre + 30 % de la fréquentation entre 2010 et 2013, il n’y a pas photo. Les chiffres ne mentent pas !

Si nous avons parfaitement conscience des contraintes qui s’imposent de plus en plus aux collectivités territoriales lors de la préparation budgétaire, il est inacceptable que les jeunes enfants chambériens fassent les frais de choix politiques incompréhensibles visant à les priver du taux d’encadrement dont ils bénéficiaient jusqu’à présent dans les écoles maternelles de notre ville. Cela, après six semaines de grèves des ATSEM, après l’annonce par le gouvernement de son souhait de rendre la scolarité des enfants obligatoire à partir de trois ans, alors que tous les experts s’accordent à dire que les années d’école maternelle sont cruciales pour le développement de celles et ceux qui formeront la société de demain.

Sacrifier un encadrement de qualité sur l’autel de quelques économies de bouts de chandelle est une faute au regard des enjeux de demain : encore un mauvais coup aux conditions de scolarisation des enfants chambériens après la décision prise de revenir à une semaine de quatre jours.Les économies induites par cette mauvaise décision auraient, pourtant, pu permettre de maintenir le taux d’encadrement d’une ATSEM par classe. Dire que nous regrettons ces choix politiques est un euphémisme !

Enfin, nous rappelons, une fois encore, notre opposition à la construction aérienne du « silo à voitures » Ravet : 28 mètres de haut, au pied du monument aux morts et en contrebas du pont des Amours ! Un parking en souterrain aurait pu être construit à cet emplacement, surmonté de quelques étages de logements. Un foncier précieux va être ainsi gâché ; une perspective urbaine historique majeure de Chambéry va être définitivement défigurée, après l’épisode lamentable de la borne implantée, puis supprimée, au milieu de la rue de Boigne !

Notre ville se dégrade.

 

 

B. Laclais, JP. Ruffier, F. Marchand, H. Dupassieux, JB. Cerino, C. Levrot-Virot, G. Fajeau, A. Caprioglio-Hisler, A. Caraco, C. Mourier.