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Expression des élus

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Groupe majoritaire

Chambéry magazine n°132 : hiver 2017

 

La Chambre Régionale des Comptes vient de rendre son rapport sur la gestion de Chambéry de 2009 et 2015.

Ce bilan du mandat passé et du début de celui-ci traduit en expressions comptables et financières les actions et les ambitions que la précédente équipe a menées, ou non, et comment, dès notre arrivée, nous avons rectifié cette gestion. Elle montre également ce qu’il nous reste à faire.

La bonne gestion est l’a…aire de tous. C’est elle qui assure la bonne utilisation de l’argent public, de nos impôts. C’est encore elle qui garantit à notre Ville d’assurer tout son rôle dans les années à venir.

C’est pourquoi nous réaffirmons et concrétisons la promesse faite lors de la campagne électorale : bien gérer notre ville pour agir pour les Chambériens.

 

Une Ville qui vivait donc bien au-dessus de ses moyens : « des emprunts souscrits au delà du besoin de financement » (page 16) Concernant la qualité de l’information budgétaire et comptable, le rapport d’observation de la Chambre Régionale des Comptes indique dans sa page 16 « que la sincérité des résultats se trouve a…ffectée » par la souscription d’emprunts au-delà du besoin de financement, afin de maintenir artificiellement la situation financière, et cela particulièrement pour la période 2009-2011.

La Chambre note dès la synthèse au début de son document qu’afin de desserrer la contrainte de l’endettement, la commune a souscrit, avant 2009, des emprunts impliquant un montage risqué succédant à des précédents emprunts eux-mêmes risqués, et en prenant finalement des engagements encore plus élevés. C’est l’e…et domino…. Rappelons que

ces emprunts ont coûté 26 millions d’Euros de pénalités aux contribuables pour en sortir et qu’un calcul comparatif avec les emprunts à taux fixe qui auraient pu être souscrits à l’époque montre que les emprunts dits toxiques étaient déjà 9 millions plus chers ! Cette erreur d’appréciation est expliquée par la Chambre qui note que des décisions majeures, en particulier relatives aux produits structurés (les emprunts dits toxiques), ont été prises sans qu’elles soient partagées et éventuellement contredites et amendées.

En clair les décisions politiques ont été prises dans la solitude de la fonction du Maire, sans avis ou conseil de personnes compétentes. On peut se réjouir que la Chambre Régionale des Comptes confirme que depuis 2014, la situation ait été rétablie avec une « situation financière et comptable satisfaisante et que les comptes sont fiables ».

 

Une ville qui sou‹re du désengagement de l’Etat :

Concernant la situation financière, la Chambre note l’impact majeur de la baisse des dotations de l’Etat sur les finances de la commune. En soulignant que la diminution de la dotation globale de fonctionnement, de plus d’un quart sur la période considérée, a très fortement impacté la capacité d’épargne de la collectivité. La très forte progression du prélèvement du FPIC est également notée.

 

Des progrès de gestion déjà salués par la Chambre :

Sur les dépenses de fonctionnement, la Chambre salue l’e…ort entrepris depuis 2014 pour diminuer les charges à caractère général et maintenir la progression très limitée des charges de personnel, principalement sur le dernier exercice considéré, grâce aux e…fforts d’organisation et d’adaptation mis en place.

La Chambre relève que la création d’une mission d’audit, de contrôle de gestion et d’évaluation à notre arrivée au sein des services de la Ville est une plus-value dans cette démarche.

 

Sur l’investissement, la Chambre note l’amélioration des taux de réalisation en fin de période et le bien-fondé de l’ajustement du montant des dépenses d’investissement aux capacités financières de la commune.

Concernant la gestion des ressources humaines, elle souligne l’activation par la Ville depuis le début de ce mandat de plusieurs leviers afin de maîtriser l’évolution des charges de personnel. Le suivi de ce poste budgétaire constitue une préoccupation quotidienne pour la commune.

La Chambre formule également des observations sur la durée annuelle du travail inférieure à la durée légale, sur les heures supplémentaires systématisées, sur les avancements d’échelons et sur le taux d’absentéisme trop élevé lié aux accidents et aux maladies. Nous avons ainsi consulté les partenaires sociaux pour adapter l’organisation du travail aux contraintes légales et à la nécessité d’eŸfficience tout en veillant au bien être des fonctionnaires et salariés.

 

Enfin, la commune ayant créé et assumant pour une part prépondérante la gestion d’équipements culturels de centralité, il est indispensable que leur transfert exprimé dans le schéma de mutualisation avec la communauté d’agglomération soit étudié et fasse l’objet d’un calendrier de mise en oeuvre ce à quoi nous travaillons d’ores et déjà avec le Président de l’agglomération.

En conclusion, Chambéry est sortie des emprunts toxiques et des risques financiers qui pesaient sur elle. Il faut toutefois maintenir les e…orts de réduction des dépenses pour permettre à notre Ville d’assurer l’entretien de son patrimoine mais aussi de se développer et de répondre aux besoins de ses habitants.

Nous nous y employons fermement avec notre équipe municipale, afin que Chambéry puisse retrouver une santé financière digne d’off…rir à chacune et chacun d’entre vous une ville attentive à tous.

 

 

M. Dantin, J. Beaud, B. Perrotton, S. Koska, A. Chassot, F. Bovier-Lapierre, P. Perez, M. Jeandet, P. Bard, A. Turnar, W. Sartori, JC. Davoine, N. Colin-Cocchi, B. Leger, D. Julien, P. Roulet, X. Dullin, D. Bourida, M. Hamadi, C. Dioux, D. Saint-Pierre, MJ. Dussauge, D. Mornand, AM. Bincaz, C. Papegay, C. Legiot, S. Nicolosi, P. Artigues, R. Caˆaratti, I. Rousseau, MC. Martin, P. Bretagnolle, L. Vachez, D. Varon, E. Borson.

Groupe minoritaire

Chambéry magazine n°132 : hiver 2017

 

Autopromotion de mi-mandat !

Affichage, distribution de 48 000 fascicules, di…usion d’un diaporama lors des réunions de mi-mandat : le bilan de l’équipe municipale est annoncé partout à grand renfort de com’ avec comme slogan : « Une ville attentive à tous ».

Chacun appréciera la pertinence de cette opération inédite d’autopromotion en des temps où habitants et associations se voient souvent répondre qu’il n’y a pas d’argent pour leurs projets.

En e…et, est-ce une marque d’attention que de négliger à ce point l’impact du nouveau plan de circulation sur l’activité commerciale et économique du centreville, sur les personnes à mobilité réduite pénalisées par la suppression d’un centre unique d’échange des bus, sur les personnes âgées sans voiture des quartiers qui ne sont plus desservis par les bus ?

Est-ce être attentif à la qualité urbaine que de construire un immense silo à voitures de 7 étages au Pont des Amours et de détruire ainsi l’une des plus belles perspectives urbaines de Chambéry, de gâcher un foncier dont on connait le prix et la valeur ?

Il eût été tellement plus « attentif » aux intérêts de la ville et de ses habitants de valoriser ces terrains avec du logement en coeur de ville tout en construisant, en sous-sol sur le moins de niveaux possibles, de l’autre côté de la voie ferrée, le nombre de places de stationnement indispensables qu’aurait préconisée une enquête publique, si elle avait eu lieu.

Enfin, qu’en est-il de l’attention apportée à la lutte contre les dérèglements climatiques dont l’urgence a été encore soulignée par la récente conférence sur le climat ?

Jour après jour, nous constatons un déni préoccupant des conséquences des choix effectués et un refus de faire face aux premières impasses visibles du mandat pour, éventuellement, les corriger.

Après avoir dit longuement que tout était la faute de ceux d’avant, c’est maintenant la faute des habitants qui ne comprennent rien ou - pire - sont manipulés par quelques forces obscures quand ils s’inquiètent de l’e…ffacement des services publics de proximité dans les quartiers (notamment la fermeture de mairies de quartier…), de la baisse continue des subventions aux associations, actrices essentielles du lien social, de la dégradation de la qualité et de la propreté urbaines, de la baisse d’attractivité de certains secteurs de la ville (boulevards de la Colonne et du théâtre, rue de Boigne, de la rue Croix d’or, commerces du centre piétonnier…) et des difficultés de circulation en ville.

Toute véritable volonté de construire une ville « attentive à tous » devrait se traduire par d’authentiques démarches de concertation, de co-construction, qui ne seraient pas improvisées mais réfléchies et préparées en amont. Elle supposerait la prise en considération des habitants qui n’ont, parfois, que ce que la collectivité met à leur disposition pour organiser leur quotidien, s’intégrer dans la vie sociale et professionnelle. Elle supposerait aussi un réel souci de la qualité de l’espace urbain et la préservation de notre patrimoine, qui sont notre bien commun. C’est là le rôle de cet échelon fondamental qu’est la commune. C’est la justification principale des impôts prélevés qui doivent être un outil de redistribution.

Ce n’est pas qu’une question de gestion financière car, contrairement à ce qui est aŸrmé sans cesse, celle-ci est fiable depuis des années : la Chambre Régionale des Comptes vient de rappeler dans son rapport définitif sur la période couvrant les années 2009-2015 que « L’information budgétaire et comptable fournie par la commune est globalement satisfaisante et les comptes sont fiables » (Synthèse, page 4). Certes, notre ville doit faire avec une dette historiquement élevée qui, nous dit encore la Chambre Régionale des Comptes, correspond « à un niveau d’investissement fort et maintenu en début de période », c’est-à-dire du mandat précédent.

Pour l’avenir, la gestion de notre ville doit d’évidence, continuer à se faire avec rigueur mais sans dramatisation politicienne. Elle appelle surtout un état d’esprit bien di…érent qu’il nous faut promouvoir, plus respectueux de l’avis des habitants et de l’espace urbain qui nous est confié.

 

 

B. Laclais, JP. Ruffier, F. Marchand, H. Dupassieux, JB. Cerino, C. Levrot-Virot, G. Fajeau, A. Caprioglio-Hisler, A. Caraco, C. Mourier.