Avoir Lieu - Exposition Mireille Fulpuis

Dans le cadre de la programmation estivale, la Ville de Chambéry a souhaité présenter trois œuvres paysagères de l’artiste franco-suisse Mireille Fulpius. Elles sont exposées  à Chambéry du 13 juillet au 30 octobre.

Œuvres éphémères pensées et conçues pour les sites choisis, ces installations conjuguent monumentalité, simplicité et dimension ludique.

PORTE A FAUX

Place du Château T. Morello

Au pied du château, deux longues parenthèses de bois érigées sont en lice.
Les matériaux qui caractérisent l’œuvre de Mireille Fulpius sont la ligne, la lumière, le bois. Une harmonie esthétique découle de l’agencement des éléments d’épicéa selon des alignements précis qui rythment et distribuent la lumière. La répétition d’un même module de base, permet à l’artiste de penser son installation à l’échelle du site.
Ici, sur la place du Château, Mireille Fulpius dessine dans l’espace des courbes dynamiques et applique aux modules verticaux une forte inclinaison. Le visiteur est convié à expérimenter l’espace ainsi défini et découvrir l’effet cinétique qu’il anime par son propre déplacement.

Deux éléments : 18 x 2.20 x h.4 m
160 chevrons d’épicéa section 7 x 3 x 400 cm
Tubes métalliques
Plancher 80 m²

 

VARIATIONS

Passage Monseigneur Garnier T. Morello

Pour ce site à l’écart des bruits, Mireille Fulpius propose une œuvre architecturée dont les référents sont la voûte de l’entrée du passage Mg Garnier et la voûte de la cathédrale flanquée de ses bas-côtés spécifiques à La Métropole bâtie sur une multitude de pilotis de bois.
L’artiste juxtapose des planches d’épicéa et redistribue l’espace en tenant compte de l’architecture qui le dessert. L’esthétique ailée de la structure, d’inspiration géométrique, rejoue avec les éléments récurrents de l’œuvre de l’artiste : la ligne, la clarté constructive et la répétition d’un même élément.

60 planches de bois
Epicéa 15 x 3.5 x 500 cm

PANORAMA

Les Charmettes T. Morello

L’œuvre proposée ici interroge l’évolution de la perception de la nature.
A hauteur d’œil, Panorama est un dispositif optique qui renvoie vers l’image séquencée d’un paysage emblématique chambérien. Pour que s’opère un dévoilement progressif du paysage, le visiteur–acteur doit se déplacer et simultanément fixer les interstices de lumière.
En recyclant ainsi son regard, l’observateur recrée une narration pour à son tour, profiter peut-être « des joies de la nature ».

Cercles métalliques de 250 cm de diamètre
Bois /planchettes de peuplier
Hauteur 1.50 m du sol

D’un site l’autre,
sur les traces de Jean - Jacques Rousseau

Mireille Fulpius présente cet été deux œuvres réalisées « in situ ». D’abord une première installation monumentale en Suisse, à Môtiers * dans le Val de Travers où Jean-Jacques. Rousseau séjourne trois ans dans une petite maison de village (Musée Rousseau actuellement) avant de reprendre sa longue pérégrination, puis ici, une deuxième œuvre paysagère, aux Charmettes où il profite, écrit-il, « des joies de la nature ».

 

Née en 1951, Mireille Fulpius est diplômée des Arts Visuels de Genève. Elle commence son activité artistique par le travail du métal et réalise des pièces volumineuses, pliées, soudées. Ce médium l'accompagnera une dizaine d'années.
En 1990, elle installe son atelier à Seyssel, au bord du Rhône, dans une friche industrielle. Les dimensions du site ouvrier modifieront considérablement ses repères spatiaux. C'est aussi pour elle, la période de la redécouverte du bois qui marque un tournant décisif dans sa pratique artistique. Dans la continuité de sa démarche, Mireille Fulpius, s'affranchit des contraintes spatiales et s'oriente à la fin de cette décennie, vers des œuvres paysagères pensées à l'échelle des sites. Aujourd'hui, cette production environnementale qui peut être de véritables chantiers et faire appel à des compétences extérieures spécifiques identifie fortement son œuvre. De retour des installations « in situ », elle reprend à l'atelier, un travail plus intime, d'estampage sur papier ou de sculpture sur bois. Si l'écologie n'est pas au cœur de son propos, elle n'en est pour autant pas absente. Les éléments constitutifs de ses « installations » seront recyclés pour les œuvres futures.

www.mireillefulpius.com