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Journée L'art rencontre le sacré

19 novembre 2016 de 09h15 à 12h00

Conférence débat autour de la question de l'Art et du sacré.
Journée organisée par les Amis des musées.
Le sacré ne recouvre pas tout à fait le même champ que la religion. Le sacré est d’abord ce qui se manifeste à l’homme
comme un mystère. C’est la manifestation sensible d’un signe nous indiquant que quelque chose dépasse le sensible.
Ce qui se donne à voir renvoie à quelque chose qui demeure invisible. Ce paradoxe inhérent à la notion de
sacré permet-il de comprendre l’expérience esthétique ?
Notre rapport aux oeuvres d’art a-t-il quoi que ce soit de sacré ? Il semble au contraire que depuis quelque temps nous assistions à une désacralisation de l’art. Les oeuvres d’art ressemblent de plus en plus à des objets ordinaires.
En devenant banal et ordinaire, l’art n’a-t-il pas en même temps perdu quelque chose d’essentiel ? Que reste-t-il de sacré dans l’art ?

L’expérience de la transgression : faut-il désacraliser l’art ?
par Laurent BACHLER, professeur de philosophie au lycée Vaugelas de Chambéry
9h15 - 10h30
Dans son ouvrage Le Sacré et le profane (1957), Mircéa Eliade défi nissait le sacré selon deux modalités : selon l’espace et selon
le temps. Selon l’espace, c’est une conception du monde qui se forme. Selon le temps, c’est une conception de la vie qui se joue.
Nous partirons à la recherche du sacré dans l’art selon ces deux dimensions. Que reste-t-il du sacré dans les arts de l’espace ?
C’est la notion d’esthétique relationnelle qui donne peut-être la meilleure idée de ce que peut être un art désacralisé. Que restet-
il du sacré dans les arts du temps ? Dans cette dimension temporelle, c’est le cinéma qui déploie de nouvelles formes de sacré.
En explorant l’oeuvre du cinéaste Andréï Tarkovski, et notamment son fi lm Le Sacrifi ce (1984), nous tenterons de renouer avec une
certaine forme de sacré dans l’art. Arts de l’espace et arts du temps, ce sont là deux rapports différents de l’art au sacré, deux
expériences esthétiques radicales et opposées.

Entre perte, subversion et reprise : comment penser l’aura de l’oeuvre d’art à l’époque contemporaine ?
par Céline BONICCO-DONATO, maître-assistante en philosophie à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble
— Université Grenoble-Alpes
10h45 - 12h
L’extension des techniques de reproduction qui rendent les oeuvres d’art immédiatement disponibles, le parti pris de plus en
plus ludique de nombre de muséographies contemporaines et le caractère déconcertant d’une partie de la production artistique
actuelle invitent à prendre au sérieux le constat désabusé que faisait Walter Benjamin dès 1937. En effet, dans L’Oeuvre
d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, le philosophe allemand considère que la modernité se caractérise, sur le plan
esthétique, par une perte d’aura des oeuvres d’art, de ce mystérieux halo sacré qui les nimbe. D’objet de culte, l’oeuvre d’art
devient un simple bien de consommation possédant une valeur d’échange. Son analyse permet d’éclairer à la fois la crise
actuelle de l’art et la nécessité dans laquelle il se trouve d’inventer de nouvelles modalités d’ « auratisation ». Si ces dernières
relèvent le plus souvent de la fétichisation, ne peut-on cependant envisager que certaines d’entre elles possèdent malgré tout
une dimension authentique ?

Lecture de textes par Marie-Paule LAGEIX
Un débat suivra les conférences. Rafraichissements offerts à la sortie pour prolonger les échanges.

Informations pratiques

Horaires

Samedi 19 novembre 2016 de 9h15 à midi.

Tarifs

Tarifs non communiqués. Gratuit pour les enseignants et élèves de la Cité des arts.

Communication

Coordonnées

Auditorium
Cité des Arts
Jardin du Verney
73000 Chambéry