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La France et l'Italie ont signé le 30 janvier dernier à Rome un nouvel accord intergouvernemental pour la réalisation de la nouvelle liaison Lyon-Turin. Ce nouvel accord constitue un avenant à l'accord de Turin de 2001. Il sera soumis aux parlements des deux pays pour ratification. Pour en savoir plus
Le grand puzzle que constitue le projet Lyon-Turin dans son ensemble prend forme progressivement.
Une nouvelle pièce est en train de se positionner, très importante pour Chambéry, avec l’enquête publique sur les itinéraires d’accès côté français, entre Saint-Exupéry et le futur tunnel international de base commençant peu après Saint-Jeande- Maurienne. Cette enquête intéresse au premier chef les Chambériens.
Pour la première fois d’ailleurs, le Lyon-Turin est libellé comme le projet Lyon-Chambéry-Turin, un détail qui souligne la place centrale de notre ville dans le dispositif. Le dossier préparé par RFF (Réseau Ferré de France) prévoit deux étapes. Une première, prioritaire dans le calendrier, concerne la réalisation de la ligne nouvelle entre Saint-Exupéry et Chambéry nord, avec notamment le tunnel Dullin-Epine de 15 km qui débouche au nord de Chambéry, vers la zone des Landiers. Cette ligne sera destinée aux trains voyageurs et, à titre transitoire, aux trains de fret, mais dans un usage limité pour des considérations de gabarit et de capacité de raccordement à la voie existante. Sa réalisation peut être envisagée dès 2020 car elle n’est pas liée à la mise en service du tunnel international. Une deuxième phase est incluse dans l’enquête publique et concerne l’itinéraire dédié aux seules marchandises tracé depuis Avressieux, passant sous Chartreuse, et se dirigeant vers la Maurienne, sans emprunter la cluse Chambérienne.
La résolution adoptée par le conseil municipal le 23 janvier par 37 voix pour et 8 contre exprime, dans les mêmes termes que celle adoptée le 3 janvier par le conseil communautaire de Chambéry métropole (86 voix pour et 6 contre) sa satisfaction de voir s’engager cette enquête.
Le texte de 4 pages apporte « son entier soutien » aux orientations présentées à l’enquête publique. Il relève deux avancées majeures : d’une part, le dossier écarte la perspective d’une mise à grand gabarit de la ligne historique et d’autre part il prévoit la réalisation concomittante des ouvrages permettant de relier l’avantpays savoyard à l’entrée du tunnel international, c’est-à-dire les tunnels sous Chartreuse (fret), sous Belledonne (fret et voyageurs), et du Glandon (fret et voyageurs). Pour ne pas voir ces deux avancées « rendues caduques », le texte rejette une remise en cause de la priorité donnée à la ligne mixte Dullin-Epine au profit du seul tunnel sous Chartreuse.
Le choix de privilégier la ligne Dullin-Epine, estime la résolution, est le plus en adéquation avec le calendrier de réalisation du tunnel international, cette ligne « constitue une première avancée significative dans la réduction du temps de parcours des voyageurs, c’est la plus « judicieuse » au regard des besoins urgents d’amélioration des accès ferroviaires au sillon alpin depuis Lyon. Enfin, « elle est à même de promouvoir le fret en donnant un élan au « report modal » de la route au rail, l’usage mixte de la ligne permettant de conforter le service l’autoroute ferroviaire alpine. La résolution rappelle aussi les attentes de la Ville de, Chambéry en matière de traitement du bruit et souhaite une prise en compte de cet aspect en amont de la réalisation de la voie nouvelle. Elle note que la décision ministérielle du 10 novembre prévoit des mesures de protection acoustique sur le réseau existant comme sur le réseau à créer. La Ville sera particulièrement vigilante sur ce point, même si le nombre de trains de marchandises dans la traversée de Chambéry, y compris ceux arrivant par la nouvelle ligne, ne dépassera pas celui atteint il y a une dizaine d’années, avant la baisse du trafic fret due aux travaux réalisés au tunnel du Mont-Cenis.
La perspective de mixité voyageursmarchandises risque-t-elle de concentrer des trains de marchandises sur la cluse de Chambéry ? Voire de se substituer à la ligne fret prévue sous Chartreuse si celle-ci était remise en cause ?
Impossible répondent les techniciens de RFF en rappelant que la capacité de la nouvelle ligne sera limitée par son gabarit, mais aussi par son raccordement à la voie existante dont la capacité reste inchangée entre Chambéry et Montmélian et pour laquelle l’idée d’une troisième voie rajoutée aux deux existantes est écartée. De ce fait, la nouvelle infrastructure pourra améliorer le report modal bien avant que l’itinéraire fret soit achevé, mais elle ne pourra nullement faire concurrence à cet itinéraire fret. L’ambition du Lyon-Turin dans son ensemble est d’acheminer vers le tunnel international 40 millions de tonnes de marchandises.
Le projet Lyon-Chambéry-Turin prévoit deux étapes :