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"Bon retour à Chambéry, Stéphane"

Stéphane Taponier et Bernadette Laclais
Stéphane Taponier et Bernadette Laclais © Gilles Garofolin

Le 29 juin dernier, les journalistes Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière étaient libérés après 547 jours de captivité en Afghanistan. Une réception a été organisée fin août à l'hôtel de ville en l'honneur de Stéphane Taponier, originaire de Chambéry.

Ne les oublions pas : durant de longs mois, les portraits de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont restés accrochés sur la façade de l'hôtel de ville de Chambéry pendant que le comité de soutien œuvrait pour leur libération un peu partout en France. Stéphane Taponier, journaliste reporter d'images, son collègue et leurs trois accompagnateurs afghans avaient été enlevés le 30 décembre 2009 par un groupe de talibans armés alors qu'ils réalisaient un reportage en Afghanistan pour le magazine « pièces à conviction » de France 3.

Deux mois après sa libération, Stéphane Taponier est venu à Chambéry à l'invitation de la Ville, mais aussi du club de la presse des pays de Savoie qui avaient organisé plusieurs manifestations en collaboration avec le comité de soutien : pour les 100 jours de captivité puis pour les un an. En mai dernier, à l'occasion des 500 jours de détention des deux otages, une rencontre-débat s'étaient déroulée au Forum de Chambéry-le-Haut, suivie d'un symbolique lâcher de ballons. Les collègues de France 3 des deux journalistes avaient aussi déployé une banderole au sommet du Mont Blanc tandis que les membres de l'équipe de France de ski participaient à des descentes aux flambeaux dans les stations en témoignage de leur soutien.

« Un soutien qui fait chaud au cœur »

A tous ceux qui l'attendaient, amis, élus et nombreux confrères journalistes, Stéphane Taponier a simplement voulu dire merci de ne pas les avoir oubliés : «  Lorsque nous étions dans notre petite chambre obscure en Afghanistan, cela nous faisait chaud au cœur de savoir que des gens se mobilisaient pour nous, parce que nous étions dans une bulle, sans aucun pouvoir de décision », raconte-t-il en s'adressant plus particulièrement à Nanou Haouchi, correspondant local du comité de soutien et ami de longue date dont « la discrétion n'a d'égale que la détermination ».

À l'occasion de ce moment chargé d'émotion, Bernadette Laclais, maire de Chambéry, a rappelé que des journalistes expérimentés pouvaient se trouver confrontés à des situations très délicates sans pour autant faire preuve d'inconscience. « Je tiens à le souligner parce que certains ont évoqué une prise de risque inconsidérée de votre part, a-t-elle déclaré à Stéphane Taponier. En réalité, c'est le sens de votre devoir, autrement dit votre conscience professionnelle, qui vous a amenés au bout du travail que vous souhaitiez accomplir, mais au risque de votre vie. »

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont libres... mais malheureusement, rappelons que sur le fronton de l'hôtel de ville se trouvent encore les portraits de Fred Nérac et de Guy-André Kieffer, autres journalistes disparus durant l'exercice de leur métier.

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